The Town of Light

Rédigé par Yahiko 1 commentaire

Je suis assez féru des jeux de balades narratives, assez fréquemment mal appelés walking simulators. J'ai adoré Dear Esther, Gone Home, Firewatch, The Vanishing of Ethan Carter et par dessus tout What Remains of Edith Finch (jouez y, sérieusement). Je suis toujours curieux d'essayer d'autres jeux du genre. J'y joue généralement avec mon épouse qui aime beaucoup regarder. Le dernier en date était The Town of Light, publié en 2016 par les italiens de LKA.it. Parlons-en.

S'il a de nombreux défauts, et j'y reviendrais, The Town of Light a le mérite de se pencher sur des sujets qui sont généralement assez peu abordés dans le jeu vidéo. Ici le joueur va se balader dans la reproduction de l'hôpital psychiatrique abandonné de la ville de Volterra, en Toscanne, sur les traces d'une ancienne patiente, Renée. Admise à 16 ans, enfermée et privée de tout droits car, selon les autorités, présentait un danger pour elle, les autres et causait des scandales publics. Au final il s'agissait d'une jeune fille atteinte de trouble mentaux. Sans spoiler d'un poil, on pense à une schizophrénie ou à de la bipolarité.


Le véritable hôpital psychiatrique de Volterra dans Google Earth.


La nature avant les ruines.

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L'arrivée à l'asile

Au cours de cette balade s'apparentant un peu à de l'urbex, on se retrouve plongé dans la vie d'une institution psychiatrique de la première moitié de vingtième siècle et c'est glaçant. Côté traitement de la chose, le jeu n'est pas sans rappeler Asylum, la seconde saison de la série American Horror Story, Vol au dessus d'un nid de coucou ou dans une moindre mesure Sucker Punch (oui, j'assume cette référence).

On suit l'histoire Renée, en découvrant des documents de l'hôpital, des pages de journal intime, par des flashback, dans sa lente descente aux enfers dans cet endroit où les patients sont privés de leur vie et de leur humanité. Enfermés avec eux mêmes. Entre sa propre souffrance psychologique, les mauvais traitements, la camisole, les semaines attachée au lit, la médication qui rend amorphe et incapable de quoi que ce soit, le jeu dépeint une horreur bien loin des trains fantômes à jump scares qui pullulent sur les plate-formes de vente de jeux (coucou Steam). Parce que cette horreur est réelle, l'a été et l'est sûrement encore dans certains endroits.


Un ambiance un poil pesante.

Le jeu s'inspire d'évènements réels. L'hôpital existe vraiment et le jeu est jalonné de vraies photos du lieu. L'histoire de Renée est une fiction, mais inspirée par le destin de nombreux patients.

J'ai beaucoup aimé le jeu, son histoire, son ton et son ambiance à la fois mélancolique et tragique. Le tout est plutôt joli, même si on est loin des environnements fouillés et détaillés d'un What Remains of Edith Finch ou The Vanishing of Ethan Carter. Les textures sont parfois floues et il manque quelques lumières et ombres dynamiques pour agrémenter le tout. Me balader avec une lampe torche et ne pas voir d'ombres projetées ça me fait toujours un peu grincer des dents.

Pour terminer sur les reproches je soulignerais quelques petit problèmes de rythmes avec une démarrage assez lent et une ou deux séquences un peu longues et par forcément très utiles (un labyrinthe, sérieux ?). La vitesse de déplacement est parfois affreusement lente, sans la possibilité de courir, quand on doit faire des aller-retour dans l'hôpital. Je ne reprocherais pas la durée de vie du titre, qui se boucle en 3-4 heures comme beaucoup de jeux du genre, d'autant plus qu'il existe des embranchements alternatifs selon les choix faits lors de certaines phases.

Mention spéciale à la musique, très chouette, ainsi qu'à la direction artistique du journal intime de Renée juste magnifique.




Quelques pages extraites du journal de Renée (PDF disponible dans le DLC gratuit sur Steam, avec la BO et un Artbook).

Pour conclure cet article qui s'étire bien trop, The Town of Light est une expérience intéressante, glaçante et peut-être nécessaire. Si on réussi à faire abstraction des petits problèmes de rythmes, de la technique pas toujours tip top,
propose une histoire poignante et désespérante qui plaira, je pense, aux amateurs de balades narratives. Mais comme le dit l'avertissement au début du jeu, attention aux plus sensibles. Si le tarif d'environs 20€ vous rebute, attendez une promotion, j'ai du le payer aux alentours de 3-4€.

1 commentaire

#1  - envie a dit :

je suis venu, j'ai et j'ai été convaincu...
bonne continuation bloguesque.

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